La tombe du

Chlah Hakadoch

 1558 - 1628

Rabbi Yeshaya Horowitz, dont nous sommes la 15e génération du coté de mon beau père David Arié Cohavi-Stern, est né à Prague où il fut, dès sa jeunesse, compté parmi les grands de sa génération, devint président  du tribunal rabbinique (av Béit din) et chef de yéchiva (roch yéchiva).

Sa dimension personnelle exceptionnelle allait de pair avec son besoin de connaître les traditions de multiples communautés  juives dont il partagea l’existence et où il exerça les plus hautes fonctions (Pologne, Lituanie, Russie, Allemagne, etc.). Puis il  monta en Éréts Israel, connut les grands rabbins de Salonique, séjourna à Alep et Damas où il découvrit le manuscrit Êts 'Hayim du Rav H'ayim Vital.

Il lui fut demandé alors de devenir le grand rabbin de la communauté achkénaze de Jérusalem, qu'il développa. Il y arriva le 6  Kislev 1625, fut persécuté comme les autres Juifs par les autorités, y rédigea son ouvrage principal Les deux tables de l'Alliance,  Chnéï Louh'ot  Habrit, dut s’enfuir et le termina à Saféd et Tibériade, où il mourut en 1630 ; il y fut enterré à côté de la tombe de Maïmonide.

Le Chlah s’opposa vigoureusement à un courant de pilpoul abusif (raisonnement tatillon et sans fin) qui, à l’époque, tendait  à se développer dans des yéchivote de Lituanie et de Pologne. Il voulait en rester à la méthode traditionnelle, centrée sur le pchate, la halakha et la perception du sens.

En terre d'Israel, le Chlah rejoignit les plus grands Sages qui étaient venus de tous les pays et de toutes les  communautés, comme il n’y en eut jamais plus depuis lors : les plus grands halakhistes comme Rabbénou Yossef Qaro, les  plus grands qabbalistes comme le Ari, et les élèves de l’école d’étude talmudique de Castille comme le Rav Béirav, qui fut reçu  en maître du Béit Din, de par sa qualité.

Le Chlah connaissait bien et appréciait les traditions séfarades ; il a intégré plusieurs de leurs rites dans la prière ;  son commentaire du siddour (livre de prières), intitulé Chaar Hachamayim, est l'un des rares livres qui donnent à la fois les  versions de diverses communautés, avec le commentaire de halakha et de nistar (niveau caché).

Son Tiqoune Chavouôt (précisant celui du Rav Chlomo Alkabetz, 1505-1584, auteur du Lekha dodi) fut admis de son vivant par toutes les  communautés de la dispersion.

La qualité de son enseignement, en même temps que sa capacité pédagogique à mettre les enseignements les plus  élevés à la disposition des plus simples dans son Chnéï Louh'ot Habrit (Les deux Tables de l'Alliance), en ont fait un maître unanimement reconnu par toutes les communautés, qui lui ont attribué pour ce livre le titre de kadoch, (saint), titre qui a été  joint seulement au nom de quelques très rares livres dans toute l'histoire du judaïsme (comme le Zohar ou Or Ha'hayim). On dit  : "le Chlah Hakadoch". 

Le Chlah a écrit une priere et nous indique que le moment le plus favorable pour la dire, est la veille du mois de Sivane dans lequel nous entrons avant la fête de Chavouôt. Pourquoi ? Parce que c'est le mois dans lequel la Torah nous a été donnée et, pour ce motif, nous avons été nommés "enfants de Hachém notre D-ieu". C'est en vertu de cela que notre demande concernant nos propres enfants trouve là une heure propice (cheât ratsone). Cette prière concerne donc tous les parents dans leur devoir, leurs aspirations et leur souci envers leurs enfants.

 

 

 

Le Chlah Hakadoch

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